Le Conseil des délégués du syndicat commun SPFP a permis à la police et à l'armée
d'afficher leur unité infaillible. De nombreux défis existent.

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Photo : archives lq
«Il ne faut pas fermer les yeux et se sentir trop sûr sur notre île qu'est le Luxembourg», met en garde Christian
Schleck.
«On lutte contre un ennemi invisible (...) dans cette guerre moderne que représente le terrorisme.»
Le Syndicat professionnel de la force
publique (SPFP) a envoyé hier soir un
message clair à la politique. Il n'est
pas question de continuer à diviser les
deux corps. En ces temps de menace
terroriste, il serait plus que jamais
nécessaire de rendre à nouveau les
carrières de policier et de soldat plus
attractives. Bien des incohérences
existent encore cependant.
Du Journaliste "LeQuotidien" David Marques
Ces derniers mois et ces dernières
années, la police aussi bien
que l'armée font face à de nombreux
changements. Deux réformes
majeures sont en effet en cours, qui
vont bien au-delà d'une nouvelle
identité visuelle. Les défis, mais également
les incohérences, ne manquent
pas et les responsables syndicaux
du SPFP l'ont bien rappelé hier
soir, au centre Prince-Henri, à Walferdange.
Pour imposer leurs revendications,
police et armée ont décidé de faire
front commun. «Notre objectif est
de renforcer à nouveau l'unité entre
les deux corps. On s'est quelque
peu éloignés les uns des autres
ces dernières années et on ne dispose
plus de la même valeur aux
yeux de la politique. Cela va changer
», a clamé Christian Schleck,
vice-président du SPFP et président
du Syndicat professionnel de l'armée
luxembourgeoise (SPAL).
Le gouvernement visé
«Les interactions qui existent
depuis toujours doivent être
maintenues. On ne va pas permettre
une division», a complété Pascal
Ricquier, président sortant du
SPFP et président du Syndicat national
de la police grand-ducale
(SNPGL).
Les deux syndicalistes ont tiré à
boulets rouges en direction du ministre
de la Sécurité intérieure,
Étienne Schneider, de sa secrétaire
d'État, Francine Closener, mais aussi
du ministre de la Fonction publique,
Dan Kersch. De multiples appels
ont été lancés aux députés présents
pour qu'ils restent à l'écoute
des doléances du syndicat de la
force publique. Aussi bien les représentants
du personnel de l'armée
que de la police se sont dits prêts à
agir ensemble pour assurer la sécurité
des citoyens du pays. «Il ne faut
pas fermer les yeux et se sentir
trop sûr sur notre île qu'est le
Luxembourg», met en garde Christian
Schleck. «On lutte contre un
ennemi invisible. Il faut trouver
une solution pour lutter dans
cette guerre moderne que représente
le terrorisme», ajoute Pascal
Ricquier. Pour être prêt le jour J, et
aussi assurer toutes les autres missions
qui leur incombent, les policiers et les soldats ne demandent
rien d'autre que des moyens suffisants,
mis à leur disposition par le
camp politique. Le problème le plus
récurrent reste le recrutement.
Le recrutement à revoir
Le SPFP compte soumettre toute
une série de propositions à son ministre
de tutelle pour rendre les carrières
au sein de la police et de l'armée
plus attractives. «On a à nouveau
besoin de plus de débouchés
attrayants à l'issue du service militaire.
Mettre fin aux carrières
prioritaires, réservées aux soldats
sortants, a été une erreur majeure
de la politique», dénonce Christian
Schleck. Le président Pascal Ricquier
a, lui, fait un pas de plus en revendiquant
une section spécialisée
dans les lycées pour préparer les élèves
à leur service militaire ou à leur
carrière de policier.
En attendant, des tensions continuent
d'exister en ce qui concerne la
mise en oeuvre des réformes de l'armée
et de la police. Dans ce contexte,
le projet de loi sur le statut disciplinaire
reste un chantier majeur. Pascal
Ricquier a une nouvelle fois dénoncé
les «saloperies» que contient ce
texte. Le SPFP ne compte pas rompre
sur ces points. Il en va de même pour
les logements de service, le traitement
des stagiaires ou la gestion des
heures supplémentaires. La fin de législature
s'annonce chaude pour les
ministres visés et plus particulièrement
pour Étienne Schneider, qui a
face à lui un camp syndical plus uni
que jamais.
Schleck prend la présidence
Conformément au principe de la
tournante, Christian Schleck, le
vice-président sortant, a pris
hier soir la présidence du SPFP.
Le président sortant, Pascal Ricquier,
occupera pour les douze
mois à venir le poste de viceprésident.
Le SPFP représente
plus de 3 000 membres de la
force publique. |