DOSSIER PRESSE
 
Police et armée font front commun
Source / 27 octobre 2017
 
Le Conseil des délégués du syndicat commun SPFP a permis à la police et à l'armée d'afficher leur unité infaillible. De nombreux défis existent.


© Photo : archives lq

«Il ne faut pas fermer les yeux et se sentir trop sûr sur notre île qu'est le Luxembourg», met en garde Christian Schleck.
«On lutte contre un ennemi invisible (...) dans cette guerre moderne que représente le terrorisme.»

Le Syndicat professionnel de la force publique (SPFP) a envoyé hier soir un message clair à la politique. Il n'est pas question de continuer à diviser les deux corps. En ces temps de menace terroriste, il serait plus que jamais nécessaire de rendre à nouveau les carrières de policier et de soldat plus attractives. Bien des incohérences existent encore cependant.

Du Journaliste "LeQuotidien" David Marques

Ces derniers mois et ces dernières années, la police aussi bien que l'armée font face à de nombreux changements. Deux réformes majeures sont en effet en cours, qui vont bien au-delà d'une nouvelle identité visuelle. Les défis, mais également les incohérences, ne manquent pas et les responsables syndicaux du SPFP l'ont bien rappelé hier soir, au centre Prince-Henri, à Walferdange.
Pour imposer leurs revendications, police et armée ont décidé de faire front commun. «Notre objectif est de renforcer à nouveau l'unité entre les deux corps. On s'est quelque peu éloignés les uns des autres ces dernières années et on ne dispose plus de la même valeur aux yeux de la politique. Cela va changer », a clamé Christian Schleck, vice-président du SPFP et président du Syndicat professionnel de l'armée luxembourgeoise (SPAL).

Le gouvernement visé

«Les interactions qui existent depuis toujours doivent être maintenues. On ne va pas permettre une division», a complété Pascal Ricquier, président sortant du SPFP et président du Syndicat national de la police grand-ducale (SNPGL).
Les deux syndicalistes ont tiré à boulets rouges en direction du ministre de la Sécurité intérieure, Étienne Schneider, de sa secrétaire d'État, Francine Closener, mais aussi du ministre de la Fonction publique, Dan Kersch. De multiples appels ont été lancés aux députés présents pour qu'ils restent à l'écoute des doléances du syndicat de la force publique. Aussi bien les représentants du personnel de l'armée que de la police se sont dits prêts à agir ensemble pour assurer la sécurité des citoyens du pays. «Il ne faut pas fermer les yeux et se sentir trop sûr sur notre île qu'est le Luxembourg», met en garde Christian Schleck. «On lutte contre un ennemi invisible. Il faut trouver une solution pour lutter dans cette guerre moderne que représente le terrorisme», ajoute Pascal Ricquier. Pour être prêt le jour J, et aussi assurer toutes les autres missions qui leur incombent, les policiers et les soldats ne demandent rien d'autre que des moyens suffisants, mis à leur disposition par le camp politique. Le problème le plus récurrent reste le recrutement.

Le recrutement à revoir

Le SPFP compte soumettre toute une série de propositions à son ministre de tutelle pour rendre les carrières au sein de la police et de l'armée plus attractives. «On a à nouveau besoin de plus de débouchés attrayants à l'issue du service militaire. Mettre fin aux carrières prioritaires, réservées aux soldats sortants, a été une erreur majeure de la politique», dénonce Christian Schleck. Le président Pascal Ricquier a, lui, fait un pas de plus en revendiquant une section spécialisée dans les lycées pour préparer les élèves à leur service militaire ou à leur carrière de policier.
En attendant, des tensions continuent d'exister en ce qui concerne la mise en oeuvre des réformes de l'armée et de la police. Dans ce contexte, le projet de loi sur le statut disciplinaire reste un chantier majeur. Pascal Ricquier a une nouvelle fois dénoncé les «saloperies» que contient ce texte. Le SPFP ne compte pas rompre sur ces points. Il en va de même pour les logements de service, le traitement des stagiaires ou la gestion des heures supplémentaires. La fin de législature s'annonce chaude pour les ministres visés et plus particulièrement pour Étienne Schneider, qui a face à lui un camp syndical plus uni
que jamais.

Schleck prend la présidence

Conformément au principe de la tournante, Christian Schleck, le vice-président sortant, a pris hier soir la présidence du SPFP.
Le président sortant, Pascal Ricquier, occupera pour les douze mois à venir le poste de viceprésident.
Le SPFP représente plus de 3 000 membres de la force publique.

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