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Défense : le Luxembourg restera engagé dans l’OTAN
Source / 15 mars 2017

© Le nouveau plan directeur de la défense luxembourgeoise sera bientôt finalisé. (illustration Jean-Claude Ernst)
 

Le Luxembourg honorera bien ses engagements dans l’OTAN, dans le domaine de la reconnaissance et des soins médicaux.

Fernand Kartheiser a regretté mardi l’absence du ministre de la Défense, Étienne Schneider, à la Chambre des députés pour un débat qu’il considérait être l’ «affaire du chef». Auteur d’une interpellation sur une «armée moderne pour des défis nouveaux», le conservateur a donc dû se contenter de la présence de Francine Closener, secrétaire d’État à la Défense. Le député ADR a décrit une armée sous-équipée, qui échoue à recruter ou à offrir des débouchés professionnels intéressants, dans le secteur civil notamment. Opposé, tout comme le gouvernement, à l’idée de consacrer 2% du PIB à la défense (comme l’exige le président américain, Donald Trump, aux pays membres de l’OTAN), Fernand Kartheiser imagine l’armée luxembourgeoise de l’avenir active dans le domaine de la recherche scientifique ou encore visible sur le plan international à travers un hôpital militaire.

Alexander Krieps (DP), qui se trouve à l’origine de l’interpellation sur le rôle futur du Luxembourg au sein de l’OTAN, voit l’un des défis pour l’avenir de cette dernière dans une coopération renforcée, notamment au niveau des systèmes militaires (avions, armes, chars, etc.) dont l’Europe pour commencer, et contrairement aux États-Unis, compterait beaucoup trop de modèles différents. Et de mettre en garde contre une «OTAN des 36».

Jean-Marie Halsdorf, député chrétien-social et ancien ministre de la Défense, a d’abord livré ses impressions sur le concept d’Occident et ce qu’il représente, c’est-à-dire l’union des démocraties «plus fortes» que les autres systèmes. Le CSV ne peut donc que soutenir le projet d’une «défense commune européenne», avancée par la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini. Sur le plan national, Jean-Marie Halsdorf estime lui aussi nécessaire de renforcer le statut social des soldats et ne s’oppose pas à l’idée de développer l’armée à travers des synergies avec le secteur privé. Le Luxembourg, qui a prévu une hausse de sa dépense budgétaire pour la défense de 0,4 à 0,6% d’ici 2020, devra néanmoins rester transparent en matière d’investissements, a rappelé Marc Angel du LSAP, qui a demandé des «rapports plus étoffés» que dans le passé pour la commission parlementaire de la Défense.

Des drones et des hélicoptères ?

Le libéral Gusty Graas a estimé que l’armée ne serait pas assez proche des jeunes (par exemple sur les réseaux sociaux) pour recruter. Claude Adam de déi gréng s’est interrogé sur la pertinence de l’âge limite de 24 ans pour entrer dans l’armée. David Wagner de déi Lénk, pour sa part, a fustigé le consensus («à briser») de ses collègues parlementaires en matière de défense, de même que le fait que la défense fasse à présent partie de l’effort de diversification de l’économie luxembourgeoise.

Francine Closener a estimé que l’approfondissement de la politique de défense européenne aurait débuté bien avant l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et la remise en cause par ce dernier de la solidarité au sein de l’OTAN en cas d’agression. Dans le cadre de la participation du Grand-Duché au déploiement de troupes de l’OTAN en Lituanie, en 2017, et jusqu’en 2018, l’armée recevra de nouveaux équipements à hauteur de 45 millions d’euros.

Du nouveau plan directeur de la défense luxembourgeoise, dont le texte final sera prêt pour le mois prochain, Francine Closener a révélé l’idée de s’engager davantage dans le domaine de la reconnaissance (notamment à travers un programme de drones), l’acquisition d’un hélicoptère pour l’évacuation militaire, la protection du pavillon maritime luxembourgeois et la formation de pilotes supplémentaires. L’idée maîtresse du nouveau plan directeur est le projet d’une structure médicale militaire opérationnelle dans le cadre des engagements de l’OTAN et composée de personnel employé dans les hôpitaux nationaux, spécialisé dans la chirurgie traumatologique, les maladies contaminantes ou le soin de militaires blessés. Des pourparlers avec le ministère de la Santé seraient en cours.

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